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Belgique (Wallonie)

BLOG: Popattitude

[INTERVIEW] Claire Laffut - « Quand mon album sortira, j'aimerais qu'il soit une oeuvre visuelle et sonore »

A sa sortie de scène au Ronquières Festival, nous avons retrouvé une Claire Laffut enthousiasmée par le concert qu'elle venait de donner. Au détour d'une conversation riche de sens, l'artiste belge se confie sur la symbiose entre son art pictural et sa musique. 

Claire Laffut évoque son nouveau titre avec Yseult, ses projets pour son premier album à venir, et explicite le prisme par lequel elle voit la vie. Une interview profondément enrichissante, suspendue dans un instant artistique. 

Cédric : Ton premier single 'Vérité' totalise 4,3 millions de streams sur Spotify. Ton second ('Mojo') est quant à lui à 3,1 millions de streams. Ce sont des chiffres qui rivalisent avec ceux d'artistes français à plusieurs années de carrière...

Claire Laffut :
Je ne m'en rends pas trop compte... Mais j'en suis contente ! (sourire) J'ai mis tout mon coeur dans ces titres et dans ces projets.  Je pense que le public n'a pas encore tout découvert de moi. Je veux parler de l'implication que j'ai dans la direction artistique, et des peintures et dessins qui vont arriver pour illustrer l'album... Les gens découvrent petit à petit, et si la musique reçoit déjà un bon accueil, c'est bon signe. 


C : Le fait de peindre te permet-il de voir la vie sous un autre prisme ?

C.L :
Totalement. C'est une manière assez poétique et passionnelle de regarder la vie. Ecrire des chansons, c'est assez thérapeutique. Quant à la peinture, elle me permet d'oublier tout ce qu'il se passe. Je suis concentrée sur une seule chose. Ce sont des moments de grâce. Je vois la vie autrement.


C : Tu évolues dans une vie stylisquement artistique. Te sens-tu plus sensible à certaines appréhensions de la vie quotidienne, à certains ressentis et états d'esprit, par rapport à d'autres personnes ? 

C.L :
Comme je travaille avec mes émotions, il faut parfois que je fasse des pauses. Parce que sinon, je vais commencer à trop m'analyser. Et je pense que les plus belles choses viennent dans l'inconscient. En cinéma par exemple, les scènes où quelque chose ne devait pas arriver sont très belles. Quand une réaction n'est pas réfléchie, c'est souvent la plus naturelle et la plus révélatrice. J'essaye de prendre soin de mon rapport à moi-même. Sinon, on se voit en image, on s'écoute... Il faut se respecter. On pourrait vite devenir taré.


C : La création de ta musique et de ton art en général émane-t-elle de sentiments positifs ou mélancoliques ?

C.L :
Un peu des deux. J'essaye toujours de faire en sorte qu'il y ait un moment d'espoir. Ça peut être tourner une page sur une histoire, mais en gardant le meilleur. 


C : Indéniablement, au regard de tes clips 'Mojo' et 'Nudes' (en duo avec Yseult), on ne peut que sentir une aura artistique derrière et autour de ces vidéos. Elles sont originales et créatives. D'où te sont venues les idées de visuels ? 

C.L :
C'est vrai que quand je regarde le clip de 'Mojo', c'est un univers différent. Je sais que c'est un peu perché... mais ça vient d'images que j'ai eues sans vraiment d'explication. Elles me sont venues lorsque j'ai composé le morceau. J'ai toujours eu envie de marier les couleurs, les mettre en confrontation. Comme le rouge et le vert. Ce sont des couleurs contraires, et je voulais les faire se combattre par le symbole des jumeaux dans le clip. Pour moi, cela représente ce qu'il se passe dans notre tête. Ou une histoire d'amour, aussi. Lorsqu'on est très fusionnel avec quelqu'un. On a l'impression de ne former qu'un et que tout se mélange. Il y a beaucoup de métaphores dans 'Mojo' sur mes histoires personnelles. 

Quant à l'esthétique, je suis beaucoup inspirée par tout ce qui touche à la Nouvelle Vague. Comme par le film 'Et Dieu... créa la femme' avec Brigitte Bardot, par exemple. Il y a aussi beaucoup d'influences de musiques du monde dans la mienne. Un côté tropical. J'ai l'impression d'être curieuse, et la musique d'ailleurs me fascine. J'ai envie d'en prendre des petits bouts pour en faire une nouvelle pop. (sourire


C : Ton nouveau titre 'Nudes' aux sonorités estivales et en duo avec Yseult vient de sortir. Quels sont les dessous de cette collaboration ?

C.L :
Yseult, c'est une fille que je suivais un peu de loin. Dans le petit microcosme parisien. (rires) J'avais entendu qu'elle prenait son envol et sa liberté par rapport aux labels et à toutes les machines musicales. J'ai tendu l'oreille. Je trouvais ça courageux et j'avais envie de la soutenir. J'ai été la voir en concert. Elle avait une énergie folle. Et je me suis dit que les filles ne faisaient pas beaucoup de titres ensemble. C'est vrai quoi, par rapport aux mecs dans le rap... Les filles, j'ai l'impression que c'est un peu "chacune dans son monde"... 


C : Dernièrement, tu as posté sur ton compte Instagram une photo avec ce qui semble être une tracklist d'album...

C.L :
Pas mal de titres sont finis. Ayant seulement sorti un EP avec 4 titres, il y a forcément beaucoup de nouveaux morceaux que je révèle en live. (sourire) Et c'est bien aussi, parce que ça permet de voir comment le public réagit. J'aimerais vraiment que l'album soit honnête. Mais ce qui me stresse actuellement, c'est que je ne sais pas comment l'appeler... Chaque musique représenterait un tableau. Ça me demandera beaucoup d'introspection. Quand l'album sortira, j'aimerais qu'il soit une oeuvre visuelle et sonore. Je pense notamment à l'artiste espagnole Rosalía Vila qui a fait une sorte de tarot pour accompagner son album. J'aimerais vraiment faire un tableau par chanson, et proposer un beau livret. 


Cédric Tordoor
13/08/2019
[INTERVIEW] Todiefor dévoile les techniques pour qu'une chanson nous reste en tête

Dans le cadre de sa venue au Ronquières Festival, nous avons rencontré le DJ belge Todiefor. Présent sur toutes les ondes radio avec un nouveau single qui tourne en boucle cet été, l'artiste belge nous a révélé quelques secrets à propos du monde musical. Notamment : "Pourquoi une musique nous reste-elle facilement en tête ?". Ou encore : "Un DJ fait-il semblant de mixer sur scène ?".

Une interview riche d'informations sur le paysage musical actuel où le DJ explique également son procédé pour créer un morceau, ainsi que sa relation particulière avec Roméo Elvis. Entretien.

Cédric : Il y a tout juste un an, tu nous accordais une interview pour la sortie de ton EP 'Cool Kids'. Une année plus tard, qu'est-ce qui a changé pour Todiefor ?

Todiefor :
On a parcouru un long chemin ! Autant musicalement qu'au niveau de la vie. J'ai perdu 25kg, j'ai changé de cheveux... (rires) Pour ce qui est de la musique, je suis super content de ce qui arrive. Je pense notamment à mon dernier single 'Signals' avec Roméo Elvis. Je tournais déjà pas mal avec lui l'année dernière en festival, en tant que DJ. Je sors également pas mal de remixes. Franchement, tout est cool en ce moment.


C : Pour la sortie de 'Signals', ta coupe de cheveux a donc pas mal changé, passant du blond ou rouge. Tu entends proposer une nouvelle facette de toi ?

T :
En fait, pendant 3 mois, j'ai fait une vraie pause sur Instagram où je ne postais plus rien. Entre temps, j'avais eu l'idée du single, avec un file rouge, on avait fait un photoshoot... Et j'ai voulu marquer mon retour en gardant mes cheveux rouges, comme ils étaient sur les photos. C'est super chaud à entretenir, par contre. (rires

C : Sorti chez Spinnin' Records (NDLR : label néerlandophone de musique électronique), le morceau relève d'un refrain catchy et d'un instrumental calibré pour les clubs. C'est plutôt un virage à 360° par rapport à tes précédents singles...

T :
J'ai signé chez eux en mars dernier. Simplement un one shot. Juste le single y est sorti. C'était la première fois que je m'aventurais vraiment vers un morceau électro depuis 5-6 ans. Il y a cette ADN sur le morceau avec un drop sans voix, et Spinnin' Records est devenu une évidence. Le label est très gros aux Pays-Bas, ainsi qu'en Flandre. Pour les amateurs d'électro, c'est une référence.

Le seul but de la chanson, c'est de faire danser les gens. Je ne vais pas inventer les choses : les paroles n'évoquent pas quelque chose de sérieux. L'idée est clairement l'amusement. Le refrain est juste là pour faire bouger le public. Je me suis dit que j'avais déjà raconté pas mal de choses sur mes précédents morceaux et que cette fois-ci, j'avais envie de m'amuser. 


C : 'Signals' est en featuring avec Roméo Elvis et le duo roumain SHOEBA. Une rencontre avec le chanteur belge qui s'est donc produite en festival...

T :
A la base, Roméo était comme un "collègue de travail". J'avais été intégré à sa tournée pour remplacer Le Motel qui avait été absent pendant quelques mois. Je l'ai remplacé pour 25-30 shows. On bossait ensemble, mais sans trop se voir ou se parler. Puis petit à petit, on s'est liés d'amitié. Ce qui a aidé, c'est qu'on a le même manager, on vient de la même boite... Et on a bêtement commencé à aller sur Bruxelles dans des cafés ou à aller au sport. J'avais 'Signals' qui trainait, et la suite, on la connait. (rires) Au-délà de ça, on est vraiment potes. C'est un gars super, malin et gentil. 


C : Avec plus de 3,7 millions de streams, ton premier single 'Beautiful' a été présent 7 semaines dans les charts belges. Tu enchaînes ensuite avec 'Cool Kids', classé 15 semaines. 'Signals' en est déjà à 19 semaines de présence au moment d'écrire ces lignes... Tu devais avoir marqué sur tes bulletins scolaires "Bon élève, évolution constante"...

T :
Ca change de mes résultats scolaires en tout cas ! (rires) Je n'avais pas fait attention à cette évolution. Pourtant, je suis très friand de statistiques et de chiffres. Sans le faire exprès, à chaque fois que je démarre la voiture, j'entends le titre à la radio. Même en Flandre. Ce qui est super d'avoir cette relation avec le nord du pays. Je suis content de la tournure que le single prend.


C : Le titre reste très facilement en tête. Quelle est la technique pour qu'une musique se retienne ? 

T :
C'est un vrai métier. Il y a une vraie science derrière un hit, ou un hook (NDLR : passage d'une musique qui capte l'attention de l'auditeur). Pour qu'une chanson se retienne, on parle notamment de 3 hooks. C'est-à-dire que pour qu'un titre reste en tête, il devrait y avoir trois parties que tu peux répéter à tue-tête. Par exemple, dans 'Signals', tu as : le début du morceau, puis la partie avec la voix de Roméo Elvis et ensuite le refrain. 

Une autre technique, c'est de baser ta chanson sur des notes dites "pentatoniques". Il en existe 5. Si on prend David Guetta, son but est clairement de faire des singles qui deviennent des hits. Presque tous ses sons sont construits entre 3 et 5 notes. 'Signals' en comprend 4. 


C : Du coup, comment se passe la phase de création d'un titre, tant sur le plan musical que parolier ? Les idées te viennent à l'issue d'une séance de création planifiée, ou les idées ne cessent d'affluer à tout moment ?

T :
En tout cas, la création d'une musique, ça ne marche pas sur le principe de : "Je n'ai pas fait exprès de créer ça, on verra ce que ça donne plus tard". Pour arriver à 'Signals', j'ai du faire 35 morceaux. Je les fais écouter à mon entourage, et dès que tu vois plusieurs gens qui retiennent le son, c'est que la chanson pourrait être sortie. 

A part quand je suis en tournée ou lorsque je prends des vacances, je ne m'arrête jamais de composer. Je travaille toujours tout seul pour les débuts d'un morceau. Pour avoir l'idée d'un instrumental, ça peut démarrer de n'importe quoi. Comme de quelque chose que j'ai entendu et que je veux reproduire. Ou alors j'essaye de mixer plusieurs sonorités disponibles sur un programme. Je sais que beaucoup de musiciens sont capables de se réveiller d'un rêve où ils ont entendu un son, et de bosser dessus par après. Je dois vraiment m'asseoir derrière mon ordinateur et commencer à composer. 


C : A l'image de The Chainsmokers, de David Guetta ou encore de Marshmello, te verrais-tu apparaître en feat sur des morceaux d'autres artistes ?

T :
Bien-sur ! C'est peut-être quelque chose que j'ai négligé. Pourtant, sans y mettre mon nom, j'ai fait pas mal de productions cette année pour d'autres artistes. Pour Roméo Elvis, pour Cabellero & JeanJass, pour Vegedream... En tout cas, ce serait une idée de voir "feat Todiefor" sur une chanson. 


C : Certaines personnes ont du mal à appréhender le rôle d'un DJ en live, et la différence qu'il y a entre un DJ et un producteur...

T :
Je dirais qu'il y a 3 métiers. Il y a le DJ, celui qui ne crée pas forcément ses sons, mais qui est passionné de musique et qui ambiance les gens en soirée en fonction de leurs attentes. Chose que je ne sais pas faire. Quand je viens en show, je laisse peu de place à l'improvisation. 

Deuxièmement, tu as le métier d'artiste électronique. Et c'est là que l'amalgame se fait avec le statut de DJ. Ici, on produit de la musique sur ordinateur, et le moyen de la jouer sur scène, c'est d'utiliser des platines. Surtout parce que du vrai matériel et des instruments, ça coûte cher... 

Et enfin, il y a le métier de producteur. C'est quelqu'un qui va avoir des morceaux à lui, produire pour les autres, mais sans vraiment faire de scènes. Maintenant, tu peux totalement être les trois en même temps. 

C : Justement, lorsqu'on découvre que l'on aime la musique, qu'est-ce qui fait qu'on choisit de se diriger vers le métier de DJ, plutôt que vers celui de chanteur ou instrumentaliste ?

T :
Le choix a été très simple, parce que je n'ai jamais fait de solfège, ni joué d'un instrument. Même si j'aurais voulu apprendre le piano, d'ailleurs. A la base, je jouais beaucoup à Wolrd Of Warcraft. Il est arrivé une semaine où le serveur du jeu était mort, et un ami m'a suggéré de jouer à un autre en attendant. Il y avait plein de sons et de musiques dedans. Ca m'a pas mal fait rire, et je crois que j'ai du rire trop longtemps parce que ça m'a donné des idées... (sourire)


C : De plus en plus chez les DJs, la tendance semble être de sortir des morceaux de manière récurrente, sans pour autant vouloir publier un EP ou un album. Tu tends à suivre ce mouvement ?

T :
Je suis plutôt porté sur les EPs. Je trouve que quand tu le sors, ça représente un moment de ta vie. Là où pour faire un album, ça peut te prendre un an, voire deux. Et pour moi, je trouve que quand tu sors un album, tu n'es plus dans le moment. Tu publies des chansons qui ont été composées il y a longtemps. 


C : En boulimique de travail, tu as donc plusieurs morceaux finalisés. N'est-ce pas frustrant de ne pas pouvoir les sortir quand ça te chante ?

T :
Je rends fou mon label. (rires) Je veux tout le temps sortir des morceaux. Mais à part le jour où tu es David Guetta ou The Chainsmokers, tu peux pas sortir un titre quand tu veux. Il risque de passer aux oubliettes. Il faudrait faire une grande part marketing et promotionnelle à chaque fois.


C : Quand pourrait-on imaginer un nouveau single envoyé aux radios dans ce cas ?

T :
(Il réfléchit) J'ai trois morceaux terminés. Si on ne tient pas compte de tournages de clips et d'arrangements marketings, je serais capable de sortir un nouveau single en une semaine.


Cédric Tordoor
10/08/2019
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