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BLOG: Popattitude

[INTERVIEW] Yseult - L'acception de soi, l'industrie musicale, ses projets artistiques : l'artiste se confie honnêtement, et sans détour

À l'occasion de sa venue aux Decibels Music Awards, nous avons rencontré, et ce pour la première fois, la chanteuse Yseult. Durant une interview remplie de spontanéité et de confessions, l'artiste évoque l'industrie musicale dans laquelle elle évolue, ses projets artistiques, mais aussi la fin des tabous physiques. Un entretien sincère, valorisant l'amour de soi.

Cédric : Savais-tu que 'Nudes', ton duo avec Claire Laffut, a été classé pendant 8 semaines dans les charts belges ?

Yseult :
On a été classées ?! 8 semaines ? Mais c'est une blague... Elle ne me l'avait pas dit. C'est incroyable. On aime ça ! Il va falloir que j'aille la voir pour le dire. 


C : Justement, comment s'est passée votre collaboration ?

Y :
Elle était à Paris, moi à Bruxelles, et elle m'a envoyé un message pour faire un featuring. On se connaissait déjà, c'est une amie, donc j'ai de suite dit «oui». On a commencé à fredonner le refrain, sans trop être sûres de le garder, car on voyait venir des avis comme quoi "nude" était trop péjoratif. Puis on a voulu essayer, car la génération actuelle vit avec ce mot-là. Elle m'a fait confiance, son équipe s'est occupée de la production et de la promo, et je suis ravie de voir que le public s'est approprié la chanson.  


C : Sur ton nouveau morceau, 'Corps', tu ralentis le tempo et parles à coeur ouvert des différences physiques. L'exercice a-t-il facile de coucher sur papier tes doutes et insécurités ?

Y :
C'est un projet très intime, introspectif et brut. C'est ce qui me représente et justement, c'était assez simple de le mettre sur papier, car j'ai ressenti ce que je raconte. Tandis que lorsque je dois composer un texte que je n'ai pas vécu, ça me bloque. Ici, l'histoire est encrée en moi. Quand j'ai sorti le clip, je me suis demandé si le public allait comprendre la démarche artistique. S'il allait être sensible au tout. Et en fait, alors que la vidéo n'a même pas été sponsorisée ni marketée, elle comptabilise 50 000 vues par jour... Je ne voulais pas faire du marketing autour de mon corps. Ça devait être sincère. Je lance mon clip, et je compte sur ma communauté. 


C : Aucune démarche promotionnelle autour et pourtant un tel engouement : ça doit te mettre en confiance pour le reste de tes projets artistiques...

Y :
Vraiment. Ceci dit, pour les chansons plus urbaines, ça met du temps à avoir un succès. 'Corps' est un titre de variété française. Ce genre de chanson met énormément de temps à s'insérer dans le paysage musical. Alors que si j'avais sorti un titre pop passe-partout, je pense que ça aurait ou floppé, ou fait un carton. Par le passé, j'ai trop essayé de me cacher derrière des sons commerciaux, et je me voilais la face sur le fait que j'aime la chanson française. Donc je sais que ça va mettre beaucoup plus de temps à être connu du grand public. 


C : Ton EP 'Noir' est sorti fin de l'année dernière. Tu te vois dans quelque temps sortir un projet plus conséquent, comme un album ?

Y :
J'avais posé cette question sur mes réseaux. Vu que je suis dans un label indépendant, créer un projet, ça prend du temps. Se dire que parce qu'un son marche bien il faudrait sortir rapidement un album, ça serait une erreur. Il faut sentir quand c'est le bon moment pour sortir quelque chose. Pour le moment, je frotte quelques pierres avec des singles et j'attends de voir la fumée. (rires) Vu que je vais faire pas mal de festivals, un album cette année ? Je ne pense pas. 2020 sera en tout cas une année de développement où je vais construire mon projet.


C : Tu évoques beaucoup l'idée de marketing. Selon toi, est-ce donc judicieux de parler d' "industrie musicale" ?

Y :
Bien sûr. Honnêtement, ça serait mentir à tout le monde si je disais que rien n'était marketé. Même me concernant. Quand je me produis, je porte ma perruque afro. On me reconnait même de dos. (rires) Même le côté nudité : que je le veuille ou non, les gens voient ça comme du marketing. Pourtant, il ne faut pas voir ça péjorativement. C'est ce qui permet de reconnaître un artiste. Tout comme on identifie un produit, une marque. Il faut juste bien le faire. En ayant du goût. Ma génération musicale perd ça. Le côté qualitatif. Tout est fait à la va-vite. C'est dommage. 


C : Ton morceau 'Corps' s'inscrit dans une vague musicale de plus en plus présente où les artistes se révèlent honnêtes sur qui ils sont, sans tabous...

Y :
C'est important de n'avoir aucun faux-semblant. Je ne veux pas que mes proches voient une personnalité différente quand je suis dans une démarche artistique. Pareil pour mes fans. Je suis folle, je suis sombre, je suis triste ou en paix avec moi-même, et je veux que les gens voient cela. Je suis humaine. J'ai essayé au début de la promo d'être un brin plus sérieuse, on m'a directement grillé, j'ai arrêté ! (rires


C : En plus de se montrer sans filtres, les artistes prônent également de plus en plus l'acceptation de soi, au travers de démarches artistiques...

Y :
De par ce que j'incarne, je pense que ça évolue. Je pense que maintenant, il faut faire les choses de manière "aggressive". On a trop tendance à caresser les gens, alors qu'il faut s'imposer. Mon corps ressemble à cela, et c'est comme ça. Boom.

Photos : Nathalie Schoumakers Photography


Cédric Tordoor
01/03/2020
[INTERVIEW] « Je suis très galvanisée par tout ce qu'il se passe. C'est une chance »

Alors qu'elle est en pleine promotion de son tout nouvel album 'Aloha', Typh Barrow, plus étincelante que jamais, s'est livrée à POPATTITUDE sur sa carrière, son rythme de vie et surtout, sur comment elle se sent, heureuse de tout ce qui lui arrive. Entretien.

Cédric : Alors que ton premier album 'RAW' est classé depuis 111 semaines dans les charts belges, 'Aloha', ton second, est quant à lui classé depuis 6 semaines, avec deux semaines de présence à la première position...

Typh Barrow :
C'est fou... C'est une immense joie. Un énorme cadeau de se dire que le public me suit et est enthousiaste. En plus que 'RAW' soit toujours présent dans les charts après 111 semaines... (elle écarquille les yeux)


C : Tu as dévoilé à travers les réseaux sociaux et via un documentaire les conditions de réalisation de la pochette de ton nouveau disque. Ce n'était pas toujours évident apparemment...

T :
J'ai parfois été mise dans des situations absurdes. (rires) C'est vrai que c'était assez drôle et rock 'n' roll. Après, j'invite les gens à regarder ces images, car je n'arriverais pas à expliquer tout ce qui s'est passé. (sourire) Mais en gros, je me suis retrouvé en Nouvelle-Calédonie avec mon producteur François qui a fait tout le visuel de l'album, entre autres, et il m'a fait rester pendant des heures en plein milieu de l'eau en costume. Il m'a fait sauter d'une falaise aussi ! Je ne l'aurais honnêtement pas fait s'il n'avait pas mis un stratège en place... J'ai quand même bien eu mal lors de la réception dans l'eau, mais quand je vois les images, ça valait le coup. 


C : Comment pourrait-on différencier 'RAW' de 'Aloha' ?

T :
C'est très difficile pour moi... J'ai l'impression que l'un est la continuité de l'autre. Durant ces deux ans, j'avais la tête dans le guidon. Je n'ai jamais arrêté de composer. Certains journalistes me disent que 'Aloha' est plus lumineux et plus introspectif. Dans certains textes et visuels, c'est effectivement le cas. Par contre, certaines chansons restent assez sombres. C'est justement dans ces moments-là que je suis plus inspirée. Que j'arrive à mieux sortir les choses. 


C : Ces deux dernières années ont été riches en événements pour toi. Entre albums, concerts, festivals, journées promo, shootings photo... Une vie qui va vite, trop vite ?

T :
Je suis très galvanisée par tout ce qu'il se passe, par l'énergie des gens. C'est une chance. C'est un métier qui peut aller tellement vite dans un sens comme dans l'autre, que lorsque les choses se passent, tu en profites. Tu ne peux qu'être reconnaissant et te dire que tu ne sais pas de quoi demain sera fait. Il faut savourer. Ceci dit, il faut bien penser que le métier ne dure pas H24. Par exemple, à moins d'avoir de la promo, il ne se passe rien mes matins. Je sais que je travaille principalement les week-ends. Je fais beaucoup de sport aussi sur le côté. C'est vital pour mon équilibre. On ne va pas se cacher : il y a des moments dans la vie d'artiste plus intenses, et le sport est ma soupape d'échappement. 

Photos : Nathalie Schoumakers Photography


Cédric Tordoor
29/02/2020
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