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BLOG: Popattitude

[INTERVIEW] « Loïc Nottet - Une deuxième version de 'Sillygomania' pourrait sortir »

Après un premier album classé durant 84 semaines dans l'Ultratop Albums, Loïc Nottet revient ce 29 mai avec son second opus : 'Sillygomania'. Porté par les singles 'On Fire', '29' ou encore 'Heartbreaker', cet album est décrit comme une prise de risques par le chanteur. 

Entre une lessive et une vaisselle, Loïc Nottet nous a accordé une interview en direct de chez lui. Il partage les coulisses de production de 'Sillygomania', se confie sur sa relation avec ses fans, et dévoile quelques surprises à venir... Entretien.

Cédric : Nous venons tous de passer par des semaines compliquées, suite aux annonces de pandémie et de confinement. À travers tes réseaux sociaux, tu exprimais vivre certains jours assez mal...

Loïc :
Comme la plupart des gens, j'ai l'impression, il y avait des jours plus faciles que d'autres. Il a fallu se rendre à l'évidence, et se dire qu'on n’avait pas le choix. La seule chose que l'on peut faire, c'est trouver des alternatives pour continuer de vivre, même si ce n'est pas facile pour tous les milieux. Je sais que je dois m'estimer chanceux de pouvoir travailler de la maison, composer et enregistrer. 


C : Tu as ressenti cette période comme un frein artistique ?

L :
L'ambiance à l'extérieur est malgré tout très pesante, et anxiogène. C'est vrai que ça n'a pas été une période très créative...


C : Durant ce moment de confinement, tu as pris la décision de reporter la sortie de ton nouvel album au 29 mai. Une décision qui doit s'accompagner de frustration...

L :
C'est moi qui ai pris la décision du report. J'avais déjà émis l'idée à Sony quelques semaines avant la date initiale de sortie. Je suis en paix avec ce choix, mais j'avais surtout peur par rapport aux gens qui l'attendaient. Je sais que c'est un album qui doit sortir depuis longtemps. J'ai vu certains fans compter les jours au calendrier, et ça me faisait mal au coeur. Je ne savais pas comment ils allaient prendre la nouvelle, surtout que certains m'écrivaient qu'ils se réjouissaient de la sortie pour se changer les idées. 


C : On sentait effectivement une grande attente de la part des fans. Tu racontes souvent être stressé de nature. Du coup, la pression n'a pas fait qu'accroître ? 

L :
C'est vraiment les deux jours avant que je ne suis pas bien. (rires) J'essaye de ne pas me poser la question de savoir quel accueil on va réserver à 'Sillygomania', car je n'ai pas envie d'être déçu. Je pars du principe qu'il aura la vie qu'il doit avoir. Je m'attends quand même à ce qu'il y ait moins d'engouement. À l'époque de 'Selfocracy', je n'avais rien sorti. Les médias et les fans attendaient de voir ce que je valais. Je pense que moins de gens ont attendu ce nouvel opus. 


C : Lors de notre dernière interview à ta sortie des Decibels Music Awards, nous avions évoqué le retour des sonorités rétro dans la musique américaine. Touche que l'on retrouve particulièrement sur 'Liar', surtout dans la manière de chanter, et d'enchaîner les paroles comme pendant le bridge "Never knew, never knew it would break us down"..

L :
C'est mon but en tout cas, ce style rétro. On est notamment allés aux États-Unis pour faire ce morceau... Il y a justement une volonté que ça puisse sonner comme un titre US. Après, je n'aurais jamais la prétention de dire que ça ressemble à un morceau américain. Je n'arriverais jamais à dire ça de mon propre travail. 


C : Lors de ta première tournée, tu avais expatrié ton style en Amérique, en France, ou encore en Russie ! Tu envisages de repartir sur les routes internationales ?

L :
Carrément ! À partir du moment où je chante en anglais, c'est certain qu'il y a une volonté d'expatrier ma musique. J'aimerais beaucoup repartir performer sur ces scènes à l'étranger. Mais il n'est pas possible pour le moment de savoir avec certitudes si ça sera réalisable. Avec le contexte actuel, même pour replanifier les concerts, c'est le flou total. 


C : Pour 'Sillygomania', tu évoques 4 moods de chansons à travers 4 personnages...

L :
Exactement. Il y a le mélancolique, qu'on retrouve sur 'Cry Out' et sur 'Mr/Mme'. En second, le personnage du charmeur via 'Heartbreaker' ou même 'Rosa Maria'. Ensuite il y a le clown, sur 'Doctor' et 'Candy', mais ça je pense que c'était facile à deviner. (rires) Et l'enfant aussi, notamment sur 'On Fire'


C : Depuis le début de création de 'Sillygomania', tu as toujours dit vouloir faire un album plus éclectique que le premier. N'as-tu pas peur de dérouter le public avec 4 styles différents ?

L :
(Il réfléchit) Peur, non. Au pire, je me dis que les gens feront leur choix dans les titres qu'ils préfèrent. Je n'ai pas envie de m'enfermer dans un style musical. Sans doute que certaines personnes vont préférer le Loïc qui chante des morceaux mélancoliques. À l'inverse, j'ai déjà lu des fans dirent qu'ils préféraient mes vibes entrainantes. Il y a tellement de tout dans ce monde, tout le monde a tellement des avis différents, que j'ai l'impression que chacun pourrait y trouver son compte. À condition d'aimer la pop, évidemment. 


C : Abattre les clichés comme de quoi un artiste se cantonne à un style, c'est ça que tu veux démontrer ?

L :
C'est exactement ça. Il y a aussi le fait que je suis jeune, et je n'aime pas l'idée de me dire que je vais m'enfermer dans un style pour toute ma vie. J'aime me découvrir, m'aventurer dans plusieurs styles, et ainsi surprendre les gens qui me suivent. 


C : Par rapport à ton premier album, tu avais annoncé un second drastiquement différent. L'un des changements, c'est notamment l'absence de featuring...

L :
Dans un premier temps, oui. Il y aura peut-être une deuxième version de 'Sillygomania' qui va sortir avec des featuring. Mais pour le premier jet, j'avais envie de prendre le risque de chanter seul.


C : Autre surprise : ton premier morceau en français avec 'Mr/Mme'.

L :
J'avais très peur des réactions ! (rires) Et finalement, en lisant les commentaires que j'ai reçus, j'ai été très soulagé. J'ai lu aussi que l’on comparait ma façon de chanter à Jacques Brel... J'ai l'impression que c'est un trop grand compliment. 


C : Et à l'inverse, un point commun, ce sont ces interludes pour ouvrir, et fermer ton nouvel opus...

L :
C'est une petite touche à laquelle je tiens. C'est une emprunte cinématographique, parce que j'adore le cinéma et raconter des histoires. Je trouve ça intéressant d'apporter un prologue et une morale. Je les écris d'abord en français. Et ensuite, la voix, c'est celle de Blaze, le même petit garçon que l'on entend sur les interludes de 'Selfocracy'.


C : On l'a dit, les fans étaient en demande de nouvelle musique. L'industrie musicale faisant, on demande sans cesse aux artistes d'être présents sur la scène musicale. As-tu l'impression d'avoir pu bénéficier du temps nécessaire pour concevoir 'Sillygomania' ?

L :
(Il réfléchit) Je pense, oui. Avoir davantage de semaines n'aurait pas tellement été utile.


C : En tant qu'artiste, on doit faire des choix pour le squelette d'un album. Toutes les chansons que l'on compose ne sont pas retenues, car il faut coller à un standard de x titres. N'est-ce pas frustrant ?

L :
Pas vraiment parce que si je les ai mises de côté, c'est parce que c'était ma volonté. La maison de disques n'a pas fait son choix en me disant ce que je devais garder ou non. J'ai toujours pu prendre les décisions. Du coup, je ne suis pas déçu de la sélection des titres. 


C : Pour parfaire l'univers de ton album jusqu'au bout, tu étoffes ton merchandising de plusieurs objets et vêtements. Tu te vois l'étendre à d'autres produits, comme un vinyle ?

L :
Pourquoi pas. Pour le moment, je n'y ai pas encore pensé...

Loïc Nottet sera en concert à Forest National le 19 décembre.


Cédric Tordoor
30/05/2020
[INTERVIEW] Yseult - L'acception de soi, l'industrie musicale, ses projets artistiques : l'artiste se confie honnêtement, et sans détour

À l'occasion de sa venue aux Decibels Music Awards, nous avons rencontré, et ce pour la première fois, la chanteuse Yseult. Durant une interview remplie de spontanéité et de confessions, l'artiste évoque l'industrie musicale dans laquelle elle évolue, ses projets artistiques, mais aussi la fin des tabous physiques. Un entretien sincère, valorisant l'amour de soi.

Cédric : Savais-tu que 'Nudes', ton duo avec Claire Laffut, a été classé pendant 8 semaines dans les charts belges ?

Yseult :
On a été classées ?! 8 semaines ? Mais c'est une blague... Elle ne me l'avait pas dit. C'est incroyable. On aime ça ! Il va falloir que j'aille la voir pour le dire. 


C : Justement, comment s'est passée votre collaboration ?

Y :
Elle était à Paris, moi à Bruxelles, et elle m'a envoyé un message pour faire un featuring. On se connaissait déjà, c'est une amie, donc j'ai de suite dit «oui». On a commencé à fredonner le refrain, sans trop être sûres de le garder, car on voyait venir des avis comme quoi "nude" était trop péjoratif. Puis on a voulu essayer, car la génération actuelle vit avec ce mot-là. Elle m'a fait confiance, son équipe s'est occupée de la production et de la promo, et je suis ravie de voir que le public s'est approprié la chanson.  


C : Sur ton nouveau morceau, 'Corps', tu ralentis le tempo et parles à coeur ouvert des différences physiques. L'exercice a-t-il facile de coucher sur papier tes doutes et insécurités ?

Y :
C'est un projet très intime, introspectif et brut. C'est ce qui me représente et justement, c'était assez simple de le mettre sur papier, car j'ai ressenti ce que je raconte. Tandis que lorsque je dois composer un texte que je n'ai pas vécu, ça me bloque. Ici, l'histoire est encrée en moi. Quand j'ai sorti le clip, je me suis demandé si le public allait comprendre la démarche artistique. S'il allait être sensible au tout. Et en fait, alors que la vidéo n'a même pas été sponsorisée ni marketée, elle comptabilise 50 000 vues par jour... Je ne voulais pas faire du marketing autour de mon corps. Ça devait être sincère. Je lance mon clip, et je compte sur ma communauté. 


C : Aucune démarche promotionnelle autour et pourtant un tel engouement : ça doit te mettre en confiance pour le reste de tes projets artistiques...

Y :
Vraiment. Ceci dit, pour les chansons plus urbaines, ça met du temps à avoir un succès. 'Corps' est un titre de variété française. Ce genre de chanson met énormément de temps à s'insérer dans le paysage musical. Alors que si j'avais sorti un titre pop passe-partout, je pense que ça aurait ou floppé, ou fait un carton. Par le passé, j'ai trop essayé de me cacher derrière des sons commerciaux, et je me voilais la face sur le fait que j'aime la chanson française. Donc je sais que ça va mettre beaucoup plus de temps à être connu du grand public. 


C : Ton EP 'Noir' est sorti fin de l'année dernière. Tu te vois dans quelque temps sortir un projet plus conséquent, comme un album ?

Y :
J'avais posé cette question sur mes réseaux. Vu que je suis dans un label indépendant, créer un projet, ça prend du temps. Se dire que parce qu'un son marche bien il faudrait sortir rapidement un album, ça serait une erreur. Il faut sentir quand c'est le bon moment pour sortir quelque chose. Pour le moment, je frotte quelques pierres avec des singles et j'attends de voir la fumée. (rires) Vu que je vais faire pas mal de festivals, un album cette année ? Je ne pense pas. 2020 sera en tout cas une année de développement où je vais construire mon projet.


C : Tu évoques beaucoup l'idée de marketing. Selon toi, est-ce donc judicieux de parler d' "industrie musicale" ?

Y :
Bien sûr. Honnêtement, ça serait mentir à tout le monde si je disais que rien n'était marketé. Même me concernant. Quand je me produis, je porte ma perruque afro. On me reconnait même de dos. (rires) Même le côté nudité : que je le veuille ou non, les gens voient ça comme du marketing. Pourtant, il ne faut pas voir ça péjorativement. C'est ce qui permet de reconnaître un artiste. Tout comme on identifie un produit, une marque. Il faut juste bien le faire. En ayant du goût. Ma génération musicale perd ça. Le côté qualitatif. Tout est fait à la va-vite. C'est dommage. 


C : Ton morceau 'Corps' s'inscrit dans une vague musicale de plus en plus présente où les artistes se révèlent honnêtes sur qui ils sont, sans tabous...

Y :
C'est important de n'avoir aucun faux-semblant. Je ne veux pas que mes proches voient une personnalité différente quand je suis dans une démarche artistique. Pareil pour mes fans. Je suis folle, je suis sombre, je suis triste ou en paix avec moi-même, et je veux que les gens voient cela. Je suis humaine. J'ai essayé au début de la promo d'être un brin plus sérieuse, on m'a directement grillé, j'ai arrêté ! (rires


C : En plus de se montrer sans filtres, les artistes prônent également de plus en plus l'acceptation de soi, au travers de démarches artistiques...

Y :
De par ce que j'incarne, je pense que ça évolue. Je pense que maintenant, il faut faire les choses de manière "aggressive". On a trop tendance à caresser les gens, alors qu'il faut s'imposer. Mon corps ressemble à cela, et c'est comme ça. Boom.

Photos : Nathalie Schoumakers Photography


Cédric Tordoor
01/03/2020
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